Intervention de Didier Le Reste au meeting du 10è qui ose

NewMorning 170314Extraits de l’intervention prononcée le 17 mars au New Morning

« C’est en étant animés de l’ambition de construire une nouvelle étape de la politique municipale de gauche qu’au niveau de la capitale, les communistes sont partie prenante des listes conduite par Anne Hidalgo et au plan du 10e arrondissement de celle rassemblée autour de Rémi Féraud.

Avant d’aller plus loin, je veux souligner et ce n’est pas qu’une clause de style de ma part, le bon climat, l’état d’esprit positif qui anime notre liste, ce qui permet de mener une campagne sérieuse, sereine et offensive.

En partageant et en portant le projet commun à notre liste du 10e je souhaite expliciter de notre point de vue quelques aspects qui nous paraissent fondamentaux pour la prochaine mandature.

Depuis longtemps, les communistes mettent au cœur de leurs priorités le logement, préoccupation première des parisiens.

Dans le programme que nous partageons avec Anne Hidalgo, couplée à des mesures anti-austérité, l’affirmation claire de l’objectif d’atteindre les 30 % de logements sociaux en 2030, a été un élément essentiel de l’engagement dès le 1er tour, des communistes à ses côtés. Cette ambition pour se concrétiser, doit se construire dans chaque arrondissement et donc aussi dans les arrondissements de l’ouest parisien. C’est un combat, nous y prenons notre part.

Mais notre arrondissement, arrondissement historiquement populaire, porté par la dynamique de notre politique d’embellissement et de création d’équipements publics, ne doit pas avec la spéculation immobilière se transformer autour de l’axe Canal Saint Martin en ce que la droite appelait dans les années 70 « Les Champs Élysées liquides de l’Est Parisien ». La quasi absence de disponibilités foncières dans le 10e, nous oblige à utiliser la préemption comme outil principal de notre politique locale du logement et à nous opposer ainsi aux fameuses « ventes à la découpe » .

Nous le disons clairement dans cette nouvelle mandature, il faudra éviter la demi-mesure comme cela est parfois arrivé, je pense au 166/172 quai de Jemmapes où nous avons limité l’intervention de la préemption aux seuls logements mis en vente, occupés et non rachetés par leurs locataires.

Dans le même quartier l’immeuble du 17 rue Eugène Varlin mis en vente par appartement doit être racheté par la Ville. Pour ne laisser échapper aucune opportunité, nous maintenons notre proposition d’une mise en place d’une commission foncière consultative qui aurait pour mission de suivre toutes les transactions immobilières.

Nous avons bien conscience des coûts que cela représente mais nous n’avons pas le choix si nous voulons garder cette qualité qui fait la marque de notre arrondissement un confluent de la diversité sociale.

Un des dossiers à traiter en urgence étant celui du 2 rue de Valenciennes, immeuble de bureaux occupé depuis plus d’un an où les locataires sont sous la menace d’expulsion.

Personne ne conteste l’acuité avec laquelle se pose la question du logement à Paris. A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles.

Il faut prendre à bras le corps la question des logements vacants en majorant la taxe locative cadastrale ; tout comme il ne faut pas écarter la transformation de bureaux vides en logements et la réquisition que permet la loi.

Le 10e arrondissement est profondément marqué par la forte présence de personnes vivant à la rue. Ils vivent sur des trottoirs et dorment dans des recoins.

La présence de 2 grandes gares très fréquentées, lieux abrités, passagers, de recours, a amené depuis des dizaines d’années ces populations en errance à s’y fixer.

Cela s’est renforcé depuis une quinzaine d’années par l’arrivée de populations venues de pays marqués par la guerre, comme les Afghans notamment avec la présence de nombreux mineurs, de jeunes majeurs et parfois de familles avec enfants.

La municipalité s’est fortement mobilisée mais pour cette nouvelle mandature nous sommes tous d’accord, je crois,  pour nous fixer l’objectif de permettre que chacune de ces personnes se voit proposer une alternative à la rue. Pour nous communistes, ce n’est pas une simple question de solidarité, c’est défendre une valeur fondamentale des droits humains, le droit à un toit. Dans le même ordre d’idée, je veux alerter de nouveau ce soir sur la situation des salarié-es sans papiers chinoises et africaines du 50 boulevard de Strasbourg qui luttent depuis le 3 février contre l’exploitation dont elles sont l’objet. Je lance un appel pur que les forces progressistes fassent converger leurs efforts afin d’obtenir des autorités la régularisation des ces salarie-es.

Face aux conséquences de la crise qui appellent plus de solidarité et de protection, nous considérons qu’il faut défendre, moderniser et développer les services publics, ceux qui existent et en créer de nouveaux pour répondre aux besoins croissants des populations.

Le 10e arrondissement dont la population augmente et rajeunit a besoin de poursuivre le développement le nombre de places en crèches (300 places supplémentaires prévues) avec un personnel en nombre suffisant, qualifié, donc titulaire.

A cet égard, tout équipement nouveau doit s’accompagner d’embauches de personnels sous statut de fonctionnaire et par titularisation des précaires.

Comme cela s’avère être un enjeu posé à la Ville, le renforcement des moyens pour améliorer la propreté de nos rues, de nos espaces publics devient incontournable.

C’est ainsi que nous proposons la remunicipalisation de la collecte des ordures ménagères.

Les actes d’incivilité, l’insécurité qui impactent la vie de nos concitoyens dans certains quartiers de notre arrondissement relèvent certes de phénomènes de société mais doivent nous conduire à amplifier des actions en lien avec l’ensemble des partenaires, notamment les services de l’État, permettant d’améliorer de façon rapide, concrète et durable ces situations.

Défendre les Services Publics, ce n’est pas défendre une conception passéiste, tout au contraire, cela relève d’un choix progressiste de la société. Les  Services Publics sont le vecteur de l’intérêt général et permettent à toutes et à tous d’accéder aux droits fondamentaux.

C’est pourquoi, il faut se rassembler et lutter contre les politiques de libéralisation qui poussent à privilégier la rentabilité financière au détriment de la réponse aux besoins du plus grand nombre. Il en est ainsi de l’avenir des bureaux de poste menacés de fermeture et également des services liés à la Santé. Sur ce dernier point, il y a nécessité pour le 10e d’obtenir la construction du nouvel hôpital Lariboisière pour laquelle une intervention déterminée du Conseil de Paris auprès de la direction de l’AP-HP et de l’Agence Régionale de Santé devient urgente. Cette évolution en lien avec les restructurations affectant l’hôpital Fernand-Widal doit permettre d’améliorer les conditions d’accueil des patients et de travail des personnels et de maintenir l’ensemble des activités existantes.

Face à la désertification médicale dans les quartiers NORD/EST de Paris, la création de centres de santé municipaux appliquant le tiers payant, est à prévoir.

Dans le cadre d’une approche globale de santé publique, du souci d’améliorer la sûreté de certains espaces publics et la tranquillité des riverains, nous n’abandonnons pas la possibilité d’expérimenter une salle de consommation de drogues à moindres risques dès que la loi l’autorisera et ce en direction des nombreux toxicomanes qui sont présents aux abords de la gare du NORD. Ce dispositif a fait la preuve de sa pertinence dans tous les pays d’Europe où il a été installé.

En matière de Service Public de qualité, l’Éducation nationale occupe une place de choix.

La saturation des équipements existants et l’augmentation des effectifs par classe nécessite de créer de nouveaux locaux de classes et d’activités. L’ex caserne Château-Landon est une opportunité mais il faudra réaliser d’autres extensions pour répondre aux besoins.

La réforme des rythmes scolaires demeure un sujet controversé, nous le percevons dans certains débats.

Dès le départ, les communistes ont voté contre car ils y ont vu comme d’autres une rupture dans le principe républicain d’égalité de l’éducation sur l’ensemble du territoire national faisant reposer sur les collectivités locales et leur capacité financière qui va tendre à se réduire, l’ouverture nécessaire du système scolaire vers des activités qui répondent aux besoins éducatifs des enfants.

Au stade où nous en sommes de l’application de cette réforme nationale, nous souhaitons rester à l’écoute, développer le dialogue avec l’ensemble des acteurs concernés et nous proposons d’apporter les aménagements nécessaires qui relèvent de la compétence de la Municipalité.

Autres priorités de notre point de vue dans la prochaine mandature : l’aménagement du NORD/EST de l’arrondissement qui englobe entre autres, les abords des 2 gares, visant à améliorer le cadre de vie. A cet égard, nous proposons une refonte du plan de circulation entre Barbès et la place de Stalingrad, ainsi que le réaménagement  des espaces sous le métro parisien.

En évoquant l’enjeu des transports et face aux problèmes de pollution liés à la présence de grands axes de circulation que traversent le 10e, nous nous inscrivons dans la politique de réduction de la circulation automobile menée depuis 2 mandatures corrélativement à l’amélioration des transports collectifs et au développement de circulations douces.

Pour terminer sur des enjeux qui nous paraissent relever d’un caractère prioritaire, je veux évoquer la Politique de la Ville.

Les évolutions de populations dans notre arrondissement amènent certains experts et autres pseudo-spécialistes à ignorer que subsiste dans notre arrondissement des quartiers dans lesquels une part non négligeable de la population connaît des difficultés sociales, culturelles importantes. Ces familles résident pour la plupart dans les 2 quartiers de notre arrondissement classés en Politique de la ville. La municipalité d’arrondissement a fait savoir à maintes reprises son souhait de maintien de ces périmètres dans lesquels l’intervention conjointes de l’État et de la Ville s’appuyant sur l’action de dizaines d’associations, permet de mieux garantir le vivre ensemble et apporte à de nombreuses familles et de nombreux jeunes un soutien à la parentalité, à l’éducation, à l’apprentissage de la langue, à la culture…

Nous sommes solidaires de la mobilisation de l’ensemble des associations concernées qui demandent que la réorganisation des périmètres parisiens ne se traduise pas par une perte de subventions ou d’emplois aidés entraînant des arrêts d’activités.

En énumérant et en détaillant un certain nombre de propositions qui sont pour la plupart inscrites dans le projet commun de la liste conduite par Rémi Féraud, j’ai voulu démontrer que nous pouvons continuer d’être utiles aux intérêts des Parisien-nes dès l’instant que nous considérons que nous ne sommes pas condamnés à subir face aux politiques d’austérité.

En tant que communistes nous portons un nouveau modèle de société.

C’est pourquoi nous ne voulons pas sacrifier nos droits sociaux, la qualité de vie, nos emplois, nos services publics pour rembourser une dette qui est celle du capitalisme financier.

Je redis que les municipalités peuvent constituer des remparts, des points d’appui, des atouts pour les dynamiques d’émancipation. Les communes sont potentiellement des espaces politiques d’expression, de construction citoyenne déterminante pour nourrir et donner de l’élan aux idées de progrès et à l’alternative que nous portons.

En ré-insistant sur le fait que nous nous engageons dans la construction d’une nouvelle étape de la politique municipale à gauche, c’est aussi pour nous candidat-es communistes, Dominique Tourte, Dante Bassino, et moi même une façon de prolonger l’excellent travail effectué par nos prédécesseurs que sont entre autres Alain Lhostis, Jean-Pierre Leroux, et Marie-Thérèse Eychart.

Pour ce faire, il nous faut continuer à convaincre de la nécessité d’aller voter les 23 et 30 mars et de voter pour notre liste car le taux de participation à ces scrutins va être déterminant.

Donc pas d’hésitation soyons offensifs, déterminés et même si nous avons du pain sur la planche, nous avons bon appétit ! »