Interventions lors de la séance du conseil d’arrondissement du 9 décembre 2013

Alain Lhostis a fait plusieurs interventions lors cette séance du conseil d’arrondissement : suite à l’interpellation des associations concernant le devenir de la « Politique de la Ville » pour défendre le vœu déposé par les élu(e)s communistes ; pour défendre un vœu portant sur le 166-172, quai de Jemmapes ; dans les débats portant sur les délibérations concernant le passage Delessert, et sur le « balcon vert ».

Intervention portant sur le maintien de la « Politique de la Ville » dans le 10e

Les associations ont posé cette problématique. Nous avions organisé une réunion de travail, comme chaque année, et nous avions eu un long échange avec les plus de 80 participants au sujet des interrogations qui viennent d’être rappelées. Non pas sur l’engagement de la ville puisque le Maire de Paris a été extrêmement clair, notamment lors de l’événement au 104, rue d’Aubervilliers lors duquel il avait rappelé le maintien total des moyens accordés par la ville.

Il faut rappeler que c’est le Maire de Paris avec son adjointe Martine Durlach qui a refondé la « Politique de la Ville », en créant la Délégation à la Politique de la Ville et à l’Intégration et qui a permis son développement, et le travail avec les associations depuis 2001.

Ces dernières années, l’Etat s’est désengagé au fur et à mesure, et son intervention financière devient minoritaire. Mais si, comme il vient d’être rappelé, nous sortons des périmètres, comme il est probable, un certain nombre de moyens de l’Etat comme le financement  des adultes-relais seront supprimés, et les ateliers de socialisation langagière, ASL, ne pourront plus fonctionner. Or nous sommes l’arrondissement qui en fait le plus. Donc si nous avons ce désengagement, car nous ne serions plus dans les périmètres contractualisés, nous n’aurons plus ces moyens.

Les associations s’inquiètent de cette situation, même si elles ont eu l’assurance que j’ai rappelé de la Mairie de Paris. Une assurance donnée depuis longtemps par Bertrand Delanoë et Gisèle Stievenard, lors du débat d’orientation sur la « Politique de la Ville » organisé il y a un an et demi. Mais concernant la position de l’Etat nous n’aurons aucune certitude avant le mois de juin de l’année prochaine, il est évident que nous essayons de savoir là où nous allons.

Il y a eu un travail formidable de 2001 à 2008, qui a été encore développé depuis 2008. Tout le monde sait l’importance de ce lien social dans nos quartiers. J’insiste beaucoup parce que parfois une vision extérieure sur la sociologie du 10e est un peu tronquée avec l’arrivée de couches nouvelles. Or nous avons, et tous les élus de l’arrondissement le savent, des quartiers où les difficultés persistent et où les risques d’oppositions rudes sont là.

Un exemple : au collège de la Grange-aux-Belles, alors qu’à Paris on en est à 87% de réussite au brevet des collèges, le taux de réussite n’est que de 57%. C’est un des effets de la stratégie d’évitement de certaines populations de ce collège. Il y a eu un travail de toute l’équipe, avec M. Bonneton, l’ancien Principal du collège. Et malgré cela, malgré le travail associatif mené autour, nous sommes obligés de faire ce constat. Il ne faut pas baisser la garde, il faut que nous puissions continuer ces actions et même les renforcer.

Nous savons que toute l’équipe municipale partage notre point de vue. C’est la mission que le Maire m’a confiée, et que nous avons toujours mené  de concert.

Je pense nécessaire que nous relevions, nous-mêmes, la vision que nous avons des populations qui vivent dans notre arrondissement, de leur diversité.

Ce bien vivre-ensemble, qui a été rappelé comme objectif par le représentant des associations, passe par au moins le maintien de ces moyens.

 

Intervention portant sur le vœu relatif à l’achat d’appartements de l’immeuble sis 166-172, quai de Jemmapes.

Il y a aujourd’hui une pression énorme sur les locataires. Il y a quelques semaines, a eu lieu un rassemblement avec beaucoup de monde. Nous sentons bien que s’il n’y a pas de négociation collective, beaucoup de gens vont se retrouver dans la situation de quitter leur appartement.

Nous souhaitons que puisse s’organiser une négociation globale entre la Mairie de Paris et BNP Paribas afin de trouver une solution pour que les locataires qui ne peuvent pas acquérir leur appartement puissent y rester.

Il y a déjà eu plusieurs interventions que nous avons faites ensemble, mais il nous semblait important de renouveler notre volonté. Et nous l’affirmerons également au niveau de l’Hôtel-de-Ville par le dépôt d’un vœu à la séance de décembre du Conseil de Paris et nous espérons une réponse positive de l’adjoint au Maire en charge du logement.

 

Intervention portant sur l’opération « Balcon vert »

Les élus communistes se réjouissent de cette opération à la vue du caractère dégradé de cette rue. Il est important que cela bouge compte tenu que nous sommes là à une porte d’entrée de l’Europe avec nos deux gares.

Notre seul souci est que la SNCF semble ne pas se comporter de bonne manière avec nous puisque nous lisons que celle-ci a déjà vendu son immeuble, rue de Dunkerque, à BNP Paribas, et qu’elle va peut être le quitter pour une transformation en hôtel.

Je rappelle que nous avons voté ici l’extension de la concertation concernant l’aménagement urbain d’un secteur « Paris Nord Est élargi ». Je pense qu’avec des opérations de cette envergure, il faut que nous ayons une visibilité globale, et non des informations au coup par coup. Sinon, nous allons être mis de côté sur certains aménagements comme par exemple nous le sommes sur le parvis devant la Gare de l’Est.

Il est nécessaire que nous ayons une réflexion sur l’aménagement autour des gares, notamment du fait de grands enjeux économiques. Cela nous permettra de ne pas être sous la pression de grands opérateurs, que ceux-ci soient publics ou privés. Sinon, nous n’aurons plus d’alternative à porter, comme nous avons pu le faire avec la SNCF au 23, rue d’Alsace en proposant du logement social.

 

Intervention concernant la construction de logements sociaux passage Delessert

Les élus communistes, qui sur cette question du logement sont très vigilants, ont beaucoup travaillé afin d’avoir des engagements. Notre arrondissement se caractérise par une grande difficulté de trouver des terrains nus. Il y a eu un effort important de la ville, qui a coûté cher.. Tout citoyen a le droit de faire des recours, mais je regrette ceux-ci, qui ont été jugés infondés. Ce qui entraîne des surcoûts et des retards. Le vote de ce projet ce soir est très important, car il y avait des interrogations dans la population et certains faisaient courir le bruit dans le quartier que ce projet était abandonné.

Je rappelle qu’ICF La sablière intervient pour loger des cheminots qui travaillent avec des horaires décalés dans les gares aux alentours. Ce projet est donc important pour la population, avec du logement social, important pour les personnes handicapés du fait de l’équipement en domotique de certains logements, et important pour des cheminots qui pourront résider dans l’arrondissement.

Enfin, nous sommes proches du quai de Valmy et il existe peu d’opportunités de créer du logement social dans ce quartier. J’attends avec impatience cette opération.