Une piscine « Catherine Lagatu » dans le 10e.

CL balconLe 12 septembre 2013, lors de la cérémonie de pose de la plaque commémorative de la piscine « Catherine Lagatu », Alain Lhostis a prononcé l’allocution suivante :

« J’avais déposé il y a maintenant un an, au nom des communistes du 10e arrondissement, mais aussi je le crois de nombreux anciens habitants de nos quartiers, un vœu demandant l’attribution du nom de Catherine Lagatu à un lieu ou un établissement public. Je voulais ainsi que soit inscrit au quotidien, le souvenir d’une des femmes politiques importantes du 10e arrondissement, de l’après-guerre jusqu’à la fin des années 70, début des années 80. Durant cette période, elle fut leader de la gauche dans notre arrondissement. En 1971, elle conduisait la liste d’union de la gauche dans le 10e arrondissement, alors que j’y étais le secrétaire du parti communiste. Je connaissais Catherine depuis 1967, mais en cette occasion je découvrais au quotidien la dimension profondément humaine de cette femme exceptionnelle. Elle était un modèle d’élue locale. Elle connaissait le moindre sujet et la plupart du temps elle avait fait une intervention ou suggéré une solution à ces problèmes du quotidien. Je lui ai succédé comme candidat du parti communiste français en 1973. Elle a tenu à m’accompagner tout au long de cette campagne électorale dans une extrême modestie et une extrême simplicité. Avec elle, c’était une leçon de choses sur la relation humaine, le contact. Tout le monde la connaissait, notamment dans le quartier Saint-Louis. Cette femme avait ce contact de proximité, d’écoute, de qualité humaine, qu’elle a utilisé, avec toute sa modestie mais avec sa persévérance, comme élue au conseil de Paris, puis comme sénatrice.

Mais je veux aussi rappeler une dimension de son parcours sur laquelle elle était d’une grande discrétion. Elle s’était engagée résistante toute jeune. Elle était la compagne d’un colonel des FTP, Albert Jaouen. Cette période où elle fit partie de celles et ceux qui se levèrent avant l’aube, se déroula dans sa Bretagne natale. Je veux aussi évoquer pudiquement Catherine la maman qui a perdu un enfant très jeune. Puis, elle a adopté une petite fille, ma chère Samia, dont je me souviens des premiers moments avec sa maman.

Pour moi, Catherine c’est l’exemple de la militante, un très beau mot qui pour moi signifie engagement personnel, disponibilité et écoute, désintéressement. Catherine était connue pour sa spontanéité à s’occuper de chaque personne qui la sollicitait. Cette femme exemplaire m’a toujours servi de référence dans mes mandats d’élu. Mais, Je le dis très sincèrement, avec beaucoup d’émotion, je n’ai jamais réussi à atteindre une telle plénitude.

Je la revois toujours, elle avait une magnifique écriture. Elle avait été professeur de français au collège du quai de Jemmapes, aujourd’hui dénommé Marie Laurencin. Elle écrivait toutes ses lettres à la main. A la fin de son mandat de sénatrice, elle avait une secrétaire, mais elle écrivait de sa main avec cette belle écriture des enseignants de cette époque.

C’est une belle image de femme que nous donnons, notamment aux jeunes qui fréquentent ces équipements sportifs, en accordant son nom à un lieu qu’elle a contribué à créer. Je pense que les habitants du quartier Saint-Louis qui y vivaient à l’époque se rappelleront d’elle, et trouveront légitime ce que nous faisons aujourd’hui. Cette femme s’est inscrite dans l’histoire de Paris. Histoire à laquelle l’équipe municipale de gauche avec Bertrand Delanoë a voulu donner toute sa dimension en accordant  toute sa place à  la mémoire de la Résistance. Anne Hidalgo a présenté au conseil de Paris la proposition de dénommer ce lieu Catherine Lagatu et a assuré qu’elle poursuivrait ce travail de mémoire vivante. Ainsi, nous montrons à la population du 10e que si nous honorons de grands noms connus, nous considérons que sont aussi grands des femmes et des hommes du peuple de Paris qui accomplirent toute leur vie dans des actes simples, de grandes choses. C’est un hommage à la modeste enseignante bretonne devenue une femme politique de premier rang dans la capitale. C’est ce parcours exemplaire rappelé il y a quelques années en mairie du 10e par une autre femme exceptionnelle, Madeleine Vincent, ancienne déportée et dirigeante communiste, lors de la remise à Catherine Lagatu de la croix de chevalier de la Légion d’honneur que nous distinguons aujourd’hui ».

La rédaction